HISTOIRE DES KALINAGOS

(Indiens Caraïbes)

 

 

Les Indiens Caraïbes étaient une des nombreuses tribus amérindiennes dont les ancêtres vivaient en Amérique du Sud, dans la jungle tropicale au sud de la rivière Orinogo ; région connue de nos jours sous le nom de Guyane.

Durant des centaines d’années, ils errèrent à travers cette région et naviguèrent le long des rivières et des côtes, remontant lentement vers le nord.

 

Alors qu’ils voyageaient avec leur famille, les Caraïbes attaquaient les tribus pacifiques qu’ils croisaient ; souvent ils coupaient la forêt et cultivaient le temps d’une ou deux récoltes avant de repartir.

Les Caraïbes étaient aussi des pêcheurs, mais pour les tribus les plus pacifiques et fragiles de Guyane, ces peuples étaient connus comme de féroces guerriers.

 

Environ 1000 ans après J.C. les hommes de la tribu Caraïbe rejoignirent l’embouchure de la rivière Orinoco et commencèrent à traverser la mer pour atteindre les premières îles à l’est de la chaîne des îles des Antilles.

Ils voyagèrent dans de grands canoës et transportèrent avec eux des réserves de nourriture et des animaux, mais ils comptaient principalement sur les attaques des colonies arawak pour prendre leurs provisions.

Les attaques étaient fulgurantes et violentes, et, îles après îles, ils conquirent les Arawaks.

Pendant Cinq cent ans, les Caraïbes ont pris possession des îles des Antilles les unes après les autres.

 


 
Mais vers 1500 après J.C., les européens commencèrent à arriver et l’époque glorieuse des indiens Caraïbes prit fin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vers 1650, le peuple Caraïbe fut presque complètement expulsé des îles et du continent américain, après avoir mené une lutte acharnée pendant environ 150 ans.

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De nos jours, les derniers indiens Caraïbes vivent sur l’île de la Dominique dans une réserve (créée en 1903) et vivent en grande partie de leur artisanat (vannerie, sculpture sur coco et calebasse, poterie…).

 

 

 

 

 



Description d’une attaque caraibe sur un village arawak

 

Imaginons que nous puissions voir un village Arawak pendant un de ces raids, postés sur la pointe d’une petite baie d’une de ces îles.

En dessous de nous, des huttes sont réunies près du rivage autour d’un petit ruisseau, des champs de manioc et de pommes de terre ont été plantés par les villageois.

 

Si nous regardons vers la mer, nous pouvons juste apercevoir la forme d’une autre île à l’horizon ; mais soudain, nous remarquons autre chose : venant vars nous, sur une mer agitée, il y a quinze, voir vingt grands canoës…

Alors qu’ils approchent, nous pouvons entendre les hommes chanter tandis qu’ils plongent leurs pagaies dans l’eau. Rapidement, ils accostent et tirent leurs canoës sur la plage.

Avant que nous ne comprenions ce qu’il se passe, les Caraïbes attaquent la tribu sur tous les fronts ; ils sont armés d’arcs et de flèches, lances, massues en bois, pierres et torches.

Les hommes Arawaks sont tués et les femmes capturées ; bientôt, le village est en flamme.

 

Voilà à quoi devait ressembler un raid caraïbe. Une fois terminé, la plupart des Caraïbes s’installaient et reconstruisaient le village et prenaient les femmes Arawaks comme épouses.

 

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Beaucoup de préparation était nécessaire pour ces voyages guerriers. Quand les hommes de la tribu avaient décidé d’attaquer une autre île, ils organisaient une fête avant de se mettre en route ; beaucoup de jarres de bière « ouicou » étaient bues et il y avait de la musique et des danses.

Quand tout le monde était bien excité, une vieille femme ou parfois un boyez racontait des histoires de belles victoires du passé.

Des morceaux de chair humaine étaient partagés lors de ces fêtes afin de pousser les hommes à se battre plus férocement. C’est pourquoi ils ont été traité de cannibales ;

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


pourtant; ils ne mangeaient pas d’humain régulièrement, mais seulement lors d’occasion spéciales.

Les flèches pour la guerre étaient préparées, elles étaient différentes de celles pour la chasse : la pointe était faite en coquillages ou arêtes puis empoisonnées avec le jus du fruit appelé « manchaneel ». Nourriture et armes étaient stockés dans de grands canoës et les guerriers se faisaient paraître effrayants en peignant leur corps et s’appliquant toute sortes de décorations.

Alors ils prenaient leurs canoës et traversaient la mer pour attaquer l’ennemi.

 

 



MODE DE VIE DES INDIENS CARAÏBES

 

Les Caraïbes étaient mieux bâtis que les Arawaks, mais à la base ils venaient de la même race amérindienne. Comme les Arawaks, ils étaient beaux, gracieux, souriants et insouciants, le teint mat et de longs cheveux noirs et raides, qu’ils enduisaient d’huile et peignaient. Ils ne portaient pas d’habits, mais parfois ils attachaient un morceau de tissu de coton autour de leur taille.

 

Cela ne fait pas de doute que la culture caraïbe a été grandement influencée par les Arawaks. Les femmes ont joué un rôle majeur dans la création de cette nouvelle culture caraïbe en transmettant le langage et les habitudes sociales Arawaks à leurs enfants. Les fils de ces parents mixtes parlaient seulement Caraïbe et les filles Arawak.

 


Les maisons des Caraïbes et des Arawaks différaient seulement par la forme ; les Arawaks construisaient habituellement des maisons rondes, alors que leurs conquérants faisaient les leurs rectangulaires ou ovales.

 

 

 

 

 

 

 
 

 


 


Le chef Caraïbe était le « Ouboutou », il devenait l’homme de tête soit par le droit de naissance soit en étant élu, reconnu comme un remarquable guerrier.

 

Les droits des hommes et des femmes étaient strictement différents ; les hommes se réunissaient autour de leur chef dans le carbet et préparaient des plans pour la guerre où organisait la vie de la tribu. Habituellement ils mangeaient à part des femmes et parlaient leur propre langage entre eux. Le rôle des femmes consistait à faire des plantations, cuisiner, tisser des hamacs et faisaient de la vannerie et des poteries pour contenir la nourriture et les liquides.

 

Quand les garçons Caraïbes atteignaient l’âge de quatorze, quinze ans, ils devaient prendre part à des rites initiatiques avant de rejoindre les hommes de la tribu ; après cela ils pouvaient participer aux fêtes guerrières et aux réunions du chefs. Dès leur plus jeune âge, ils étaient entraînés à être des guerriers.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Bien que les caraïbes ne portaient pas d’habits, ils aimaient décorer leur corps ; hommes et femmes enduisaient leur corps entiers avec du « roucou » (graine rouge) extraite de l’arbre « arnatto ». Cette teinture rouge vif était mélangée avec de l’huile et appliquée tous les jours ; les hommes se faisaient aussi des taches noires et quelques fois ils se dessinaient des lignes avec leurs doigts ou utilisaient un tampon d’argile pour décorer tout leur corps de dessins.

Ils perçaient leurs oreilles et leur lèvre inférieure dans le but d’y mettre des ornements ; c’étaient des morceaux de pierre, des os, plumes et perles. Autour de leur cou, ils portaient des colliers de dents d’animaux et perles. Les femmes portaient des bandes serrées d’osier autour de leurs jambes. Les chefs et commandants d’armée portaient des bijoux « caracoli », comme les Arawaks, qui étaient en forme de demi-lune.

 

 

 



LE VILLAGE CARAÏBE

 

Un village Caraïbe était composé d’un petit nombre de maisons avec un carbet au centre. Le Carbet, ou grande maison de réunion, était le lieu où les hommes se rassemblaient ; il mesurait en général entre 20 et 30 mètres de long et pouvaient contenir 120 hamacs. Il y avait plusieurs poutres imposantes qui supportaient le toit, et les hamacs étaient suspendus à ces poteaux. Le toit était fait de chaume et de palme ou de feuilles de Cachibou, qui étaient attachées en bas par des cordes appelées « mahoe » (nom de l’arbre avec lequel ils fabriquaient les cordes).

 
 


 

 

 

 


Les maisons qui entouraient le carbet étaient ovales, en chaume, plus petites ; il n’y avait qu’une pièce et les murs étaient faits de bambou.

Ces huttes abritaient le père, les femmes et les enfants célibataires ; il y avait aussi des huttes pour cuisiner et stocker des objets précieux tels que les hamacs, les arcs et les flèches.

Dans la cuisine, il y avait des ustensiles tels que des poteries, des calebasses appelées « coui » ; le reste des fournitures était composé de petits outils et de tables à quatre pieds pour faire des paniers appelés « matoutou ». Les matériaux pour faire tout ce dont les Caraïbes avaient besoin étaient pris dans la nature environnante.

 


 

 

 

LES CROYANCES DES INDIENS CARAÏBES

 

La religion des Caraïbes était simple. Ils adoraient leurs ancêtres et la nature et croyaient aux mauvais esprits ou « Maboya », qu’ils avaient à satisfaire.

Les prêtres ou hommes médecins, étaient appelés « boyez » ; leur fonction principale était de soigner les malades avec les herbes et d’invoquer les esprits du passé. Ils utilisaient des sortilèges et avaient des huttes spéciales où ils pratiquaient leurs rites mystérieux.

Quand un Caraïbe mourait dans son propre village, il était enterré dans la terre à l’intérieur de la hutte de sa famille ; le corps était enveloppé dans un hamac en position assise et était enterré avec des bols et des armes dont il aurait besoin dans sa vie prochaine.

 
 



LA NOURRITURE CARAÏBE

 


Comme pour les Arawaks, le « manioc » était un aliment très important ; Les femmes lavaient et râpaient le manioc sur une petite planche couverte de petits éclats de pierres pointues, puis le manioc râpé était pressé dans un long tube d’osier appelé « couleuve ». Le jus était mis de côté pour être utilisé plus tard et la farine de manioc était entreposée dans des récipients en bois en forme de canoës. Le jus était appelé « tomali » et était mélangé en ragoût avec des piments et autres légumes et racines, puis mis sur le feu à bouillir. La famille s’asseyait autour de la grosse marmite de ragoût et trempaient leur pain de cassave dedans pour le manger ensuite. Ce pain était fabriqué à partir de farine de cassave (manioc) et cuit sur de grandes plaques. Les agoutis, oiseaux et poissons étaient fumés sur le feu avec une grille faite de branches ; c’étaient les seules viandes que les Caraïbes mangeaient, mis à part les morceaux de chair humaine qu’ils mangeaient au cours des jours de fête et avant d’aller faire la guerre.

Les femmes préparaient aussi un genre de bière à base de manioc, appelée « ouicou », pour boire lors des festivités ; elles mâchaient le kassave (farine de manioc), le crachaient et le laissaient fermenter.

Lors des fêtes, les Caraïbes buvaient beaucoup de cette bière et souvent cela les motivait pour combattre et préparer la guerre.

Les patates douces et le manioc étaient rôtis sur le feu ; l’igname et le maïs étaient aussi rôtis, mais ce dernier était souvent écrasé dans le repas.

Les grains provenant de vigne sauvage étaient préparés en soupe.

Il y avait des aliments que les Caraïbes ne mangeaient pas car ils croyaient qu’ils étaient mauvais pou leur santé, le sel le gras et les œufs en faisaient partie.

Bols et jarres en argile étaient utilisés pour cuisiner et contenir l’eau et l’ouicou. Il y avait plusieurs sortes de vaisselle en argile (« canalli », « boutalli », « rovara ») ; la poterie était très rugueuse, et ils ne prenaient pas le temps de créer des dessins recherchés comme les arawaks le faisaient.

Confection de pain de cassave

 

L’AGRICULTURE, LA CHASSE ET LA PECHE

 



En plus des cultures de cassave, ignam, patates douces et maïs, les Caraïbes faisaient pousser du tabac et du coton qu’ils filaient et tissaient en petits morceaux.

Ils faisaient aussi de la corde pour pêcher et faire des hamacs.

Les îles leur appartenant totalement, ils cultivaient où ils voulaient, mais, habituellement, ils faisaient leurs parcelles sur le chemin du village. Les hommes brûlaient les arbres et buissons et clarifiaient le terrain, puis les femmes plantaient les cultures et s’en occupaient.

Ils chassaient avec des arcs et des flèches, pas seulement pour la nourriture mais aussi pour le sport ; pour cela ils utilisaient des flèches en roseau fin avec la pointe en bois, elles étaient différentes de celles utilisées pour la guerre.

Kalinago

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


Pêcher était plus important que chasser ou cultiver pour les Caraïbes. Ils voyageaient toujours autour des îles et par conséquent étaient devenus d’excellents marins ; ils savaient comment utiliser les étoiles pour trouver leur chemin la nuit.

 

Il y avait deux types de canoës qui n’étaient pas très différents de ceux des Arawaks qui étaient sculptés à partir de troncs d’arbres entiers. La plus petite embarcation, le « couliana », faisait au maximum 6 mètres de long et était pointu des deux côtés, elle était utilisée pour pêcher près du village et ne pouvait contenir que quelques personnes. Le plus grand bateau, appelé « canoua », pouvait atteindre 15 mètres de long et pouvait transporter 30 à 40 personnes ; il était extrait de bûches reliées par le feu et trempé avec de l’eau pour faire gonfler le boiset servait à attaquer les autres îles et faire leurs longues pêches.

Les canoës étaient équipés de pagaïes en forme de pelles ; un long poteau était utilisé pour guider l’embarcation prudemment sur les récifs. L’écorce de l’arbre « mahoe »était utilisée pour attacher la grande ancre de pierre.

Les radeaux étaient aussi faits à partir de troncs légers.

 

Le poisson était attrapé de différentes manières. En utilisant un arc et des flèches, les Caraïbes tiraient les poissons qui venaient près de la surface, mais ils utilisaient aussi des lignes avec des hameçons faits avec des coquillages. Les langoustes étaient pêchées dans les récifs avec des harpons. La conque et autres fruits de mer étaient facilement ramassés et mangés, alors que les coquillages étaient utilisés pour faire des outils.

La plupart des îles sur lesquelles les caraïbes vivaient étaient pourvues de rivières pleines de poissons. Les Caraïbes savaient comment empoisonner les piscines des rivières en pilant les feuilles de certaines plantes et en les mélangeant à l’eau ; cela paralysait les poissons, ce qui permettait de les attraper à la main plus facilement.