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CASCADE KALINAGO
PETROGLIPHES EN GRAND NOMBRE
(Sur les hauteurs de Baillif)
Article écrit par Sophie GARCIA-LOPEZ

Le site des roches gravées du Bassin Caraïbe jouit d'un cadre naturel exceptionnel. Forêt, rivière, bassins, cascade, la quasi-totalité des charmes de la Guadeloupe se concentrent sur un tout petit espace abritant de superbes gravures. Leur découverte peut prend des allures de chasse aux trésors.
À flanc de morne à Saint Robert, sur les hauteurs de Baillif, la ruelle des Roches Gravées se dissimule quelque peu. Sans doute pour préserver les merveilles qui sont à quelques pas. Le conseil régional a balisé la route et si les panneaux ne suffisent pas, les habitants indiquent le départ de la trace aux égarés. Le sentier, bien marqué, permet d'observer la nature environnante. Grands arbres et fleurs discrètes accompagnent les marcheurs tout au long de la descente. Le bruit de la rivière Plessis s'accroît au fur et à mesure que l'on s'en approche. Le parcours est agrémenté de quelques tableaux informatifs qui donnent un avant-goût prometteur des prochaines découvertes... Ce site remarquable a été signalé la première fois en 1886 par Guesde. Puis, en 1984, il est étudié par K.Dubelaar et par A. Gilbert, puis par G. Richard en 1991 et 1995. Ce sont près de cinquante gravures amérindiennes, quelques polissoirs et cupules* qui ornent les roches du lit et des rives du cours d'eau. À cette lecture, le pas a tendance à s'accélérer, mais il serait dommage de ne pas prendre le temps d'observer la végétation luxuriante. Des petits carbets invitent à la pause. Les pieds foulent de drôles de graines, très décoratives, qui proviennent du courbaril. La résine de cet arbre soulage les rhumatismes et panse les plaies, son écorce est purgative-à consommer en infusion et à petite dose !-Autre arbre remarquable, le « savonnette », dont le tronc droit s'utilisait autrefois pour la fabrication des rouleaux de moulins des sucreries. Ses feuilles macérées dans l'eau produisent une écume blanche qui n'est autre que de la saponine, jadis utilisée pour laver le linge. Un peu plus loin, de nombreuses espèces végétales, introduites par les Amérindiens en 300 av. J.C., ont été replantées pour recréer l'univers dans lequel ils évoluaient. Tabac, roucou, manioc, coton, croissent parmi les épiphytes et autres variétés végétales surprenantes. Le tumulte de la rivière appelle les curieux et la chasse aux roches gravées est lancée ! Au fil de l'eau, sur un petit périmètre, une profusion de gravures amérindiennes décorent les roches. Sur l'un des blocs de pierre, visible dès l'arrivée, trois représentations de tête se contemplent. Il est conseillé de les arroser pour qu'elles ressortent mieux. Mais, même sans ce geste, elles étonnent par leur état de conservation. Le conseil régional poursuit depuis de longues années un travail considérable de protection des roches gravées. Il va de soi que les petits gribouillis du XXIe siècle sont de trop ! À peine un peu plus loin, d'autres dessins aux formes naïves sur d'autres pierres. Quelques polissoirs-roches creusées de forme ronde ou ovalaire par un geste répétitif pour rendre les objets tranchants-se devinent, mais c'est avec peine que se distingue le travail de la nature de celui de l'homme. Car la nature joue elle aussi sur les formes géométriques : angles droits, courbes superbes et amoncellements de pierre parfaitement structurés en sont la preuve. Les crues du cours d'eau, fréquentes et brutales par temps de pluie, oeuvrent sans relâche pour façonner le lieu. Elles créent bien souvent des dommages sur ces traces d'un autre temps. Le courant peut enfouir les roches porteuses de gravures. À l'inverse, les crues permettent d'autres découvertes tout aussi merveilleuses. Sur la gauche, autour du bassin, nombreux sont les pétroglyphes et certains dégagent une certaine émotion. Certains y voient une mère avec ses petits, d'autres un symbole de fertilité... En amont et à quelques petits sauts sur les rochers, la cascade Kalinago du bassin Caraïbe. Une petite chute magnifique qui descend dans un bassin où l'eau prend une couleur émeraude par beau temps. Un décor paradisiaque qui existe depuis les Amérindiens.
*Cupule : partie creusée dans la pierre en forme de petite coupe. Le polissoir est plus grand qu'une cupule.
Pour s'y rendre Rejoindre la section Saint Robert à Baillif, suivre la direction signalée par des panneaux en bois « roches gravées ». Prendre la ruelle Roches Gravées, laisser le véhicule près du terrain de sport. Le chemin se trouve entre une maison à gauche et le terrain à droite. La descente prend environ 15 minutes pour les plus pressés, 30 minutes pour les curieux. En bas, de nombreuses roches gravées en bord et sur la rivière. Pour rejoindre la chute Kalinago, remonter la rivière durant 5 minutes.

J'ai choisi cet article car il est vraiment trés bien écrit, merci beaucoup à Madame Sophie GARCIA-LOPEZ. Cependant, il est bon de préciser au promeneur que la route pour aller jusqu'à ce magnifique lieu n'est plus indiqué, le conseil régional s'en est désintéressé, espérons que cela ne dure pas. Alors j'explique; à la sortie de Baillif, prendre la départementale 13, attention l'intersection n'est pas signalé, munissez vous d'une carte dans les offices du tourisme, c'est gratuit... Donc pour vous repérer vers la sortie de Baillif, on commence à s'éloigner de la mer et la route commence à monter, là une route sur la droite s'offre à nous comme si on devait aller tout droit... Alors prenez la. Après on grimpe, après quelques centaines de mètres, bien regarder sur la gauche, un panneau en bois indique section saint robert et ruelle roches caraibes, c'est là. On continue, là un croisement, vous voyez en face un stade et une ruelle qui le longe, juste en face de vous au croisement. Au fond de la rue, un grillage effondré, ne vous laissez pas intimider, le plus beau reste derrière. Prendre le sentier qui se dissimule sur la gauche, là vous verrez à quelques mètres, un premier panneau qui invite à la promenade... Le plaisir peut commencer. A déconseiller aux personnes âgées ou ayant des problèmes de coeur, car le retour n'est pas trés long mais raide. On peut toutefois se reposer tout au long dans les petits carbets. certains ne sont plus utilisables... Un petit message pour la commune : REMETTEZ CE LIEU EN ETAT car il vaut vraiment le coup d'oeil !

Les autres photos :



Un autre site a été récemment découvert 1995 à Trois Rivières
Sur l'anse des galets !!!

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